L’ancien président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a été nommé conseiller et président non exécutif des activités internationales de la banque Goldman Sachs.

José Manuel Barroso pouvait difficilement choisir un futur employeur plus controversé. Mais la bonne entente entre la banque américaine d’affaires et l’élite politique européenne ne date pas d’aujourd’hui. Ce n’est pas un hasard si le porte-parole de la Commission européenne ne s’est pas offusqué de ce recrutement et l’a même qualifié de “légitime”.

Les ponts entre Goldman Sachs et les institutions européennes existent depuis des années. Passer d’un monde à l’autre peut paraître anodin. C’est notamment le cas aux États-Unis, où la pratique est courante jusqu’aux plus hautes sphères de l’État. Hank Paulson, le secrétaire au Trésor (équivalent du ministre de l’Économie) de 2006 à 2009, était PDG de Goldman Sachs jusqu’à son entrée au gouvernement américain.

De ce côté-ci de l’Atlantique, le gouverneur de la Banque d’Angleterre, Mark Carney, se trouve aussi être un ancien de la banque d’affaires. Mais le plus prestigieux transfuge encore en exercice à un poste européen à responsabilité est l’actuel président de la Banque centrale européenne Mario Draghi. Avant de prendre la tête de la puissante institution monétaire européenne en novembre 2011, cet ancien gouverneur de la Banque d’Italie avait exercé pendant trois ans la fonction de vice-président de la branche européenne de Goldman Sachs.

Le recrutement de José Manuel Barroso rappelle l’existence de cette proximité humaine entre les institutions européennes et Goldman Sachs. Mais ce qui dérange, cette fois-ci, n’est pas tant que Goldman Sachs s’offre ainsi l’un des carnets d’adresses les plus fournis en Europe. C’est davantage l’empressement avec lequel l’homme politique portugais a rejoint la banque privée. Les règles européennes imposent aux anciens membres de la Commission de respecter un délai de 18 mois avant d’accepter un travail pouvant entraîner un conflit d’intérêt. José Manuel Barroso a attendu à peine plus de 20 mois.

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