Le gouvernement grec a officialisé mardi la cession des 14 aéroports régionaux au consortium allemand Fraport-Slentel pour 1,23 milliard d’euros, dans une décision publiée mardi au Journal officiel.

La cession des aéroports à l’entreprise allemande, qui avait été approuvée par le précédent gouvernement, avait été gelée après l’élection en janvier dernier du Premier ministre de gauche radicale Alexis Tsipras. Elle constitue la première privatisation de son gouvernement.
En juillet, l’agence des privatisations grecques, Taiped, a republié l’appel d’offres en demandant que le consortium soit de nouveau désigné, et la transaction finalisée. Le décret publié mardi dans le journal officiel indique que le gouvernement grec «approuve» la décision du Taiped.

Les aéroports de Salonique, Rhodes ou Corfou privatisés

En novembre 2014, avant l’arrivée d’Alexis Tsipras au pouvoir, l’entreprise allemande avait remporté l’appel d’offres lancée par le Taiped pour 1,23 milliard d’euros assorti d’un loyer de 22,9 millions d’euros que le consortium devra payer chaque année à l’Etat grec. Fraport s’était alors félicité dans un communiqué d’avoir remporté «l’offre de privatisation» de ces aéroports, et d’en devenir «le nouveau propriétaire».

Il s’agit notamment des aéroports de villes très actives ou touristiques comme Salonique, Corfou, Rhodes, Kos ou encore Santorin. En avril, la Grèce avait aussi privatisé les droits des paris hippiques, opération lancée également par le gouvernement précédent, en les cédant pour vingt ans à une filiale de la société gréco-tchèque de paris sportifs Opap pour 40,5 millions d’euros.

Le 15 août dernier, le parlement grec avait adopté le troisième plan d’aide à la Grèce, d’un montant de 85 milliards d’euros et assorti de conditions d’austérité drastiques. Un mois auparavant, le 13 juillet, la Grèce et ses créanciers étaient parvenus à un accord au terme d’un long week-end de discussions et d’une longue nuit de négociations. En échange d’un nouveau plan d’aide, la Grèce d’Alexis Tsipras s’est vu assigné une liste de mesures pour réformer son économie, 35 mesures exactement.

Parmi celles-ci figure la reprise des privatisations, proposée par Alexis Tsipras lui-même dans le programme de réformes qu’il a proposé aux créanciers de la Grèce et qui ont servi de base pour la conclusion de l’accord du 13 juillet. La priorité énoncée par Bruxelles était la privatisation du réseau de transport électrique (ADMIE). Plus généralement, les créanciers exigent la création d’un fonds de privatisation de 50 milliards d’euros (ports, aéroports, chemins de fer sont notamment concernés) qui sera géré par Athènes mais supervisé par les institutions internationales.

En Espagne aussi, on vend des aéroports

En Espagne cette fois, un aéroport a lui aussi trouvé preneur, vendredi 17 août, pour la somme ridicule de 10 000 euros. L’aéroport Ciudad-Real, premier aéroport privé d’Espagne inauguré en 2008, avait coûté 450 millions d’euros. Destiné à devenir le grand aéroport au sud de Madrid, bien que situé à plus de 200 km de la capitale, il avait fait un flop. Symbole de la bulle immobilière, l’aéroport avait été déclaré en faillite en 2010 et avait définitivement fermé en 2011, trois ans seulement après son inauguration.

Après plusieurs tentatives de ventes, il a donc été acheté vendredi dernier par le groupe chinois Tzaneen international lors d’une vente aux enchères,rapporte Le Monde. Le prix de vente, 10 000 euros (le prix d’une petite voiture neuve), n’inclut qu’une partie des équipements de l’aéroport.

En janvier dernier déjà, le gouvernement de Mariano Rajoy avait officialisé l’entrée en bourse de 28% du capital d’Aena, le gestionnaire d’aéroports espagnol qui contrôle 46 aéroports dans toute l’Espagne. Après la première cession en octobre 2014 de 21% du capital d’Aena, l’Etat espagnol, avec 51% des parts, reste pour le moment aux commandes du gestionnaire.

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