Si les passes avec les prostituées ou les rails de cocaïne étaient intégrés à la croissance des pays européens, que se passerait-il ?

C’est la question que se sont posée plusieurs pays récemment, alors que les nouvelles normes du Système européen des comptes (SEC 2010) préconisent d’ajouter dès septembre prochain les activités souterraines dans le calcul du produit intérieur brut (PIB), qui mesure l’activité économique d’un pays et sa création de richesse.

Pour la Commission européenne, qui a fait des calculs prédictifs, les pays qui seraient les plus touchés seraient la Finlande et la Suède, en partie parce que le changement dans le calcul du PIB inclut également la prise en compte des dépenses de recherche et développement (R&D) comme investissement et donc comme partie intégrante du PIB.

« Produit criminel brut » contre déficit

Le Royaume-Uni a estimé que les revenus issus du trafic de drogue et de la prostitution pourraient gonfler le PIB d’un peu moins de 1 % chaque année. Pour l’Italie, l’« économie criminelle » ferait passer la croissance italienne de 1,3 à 2,4 % en 2014. Une bonne surprise en période d’austérité budgétaire ; en effet, le déficit diminue à proportion que le PIB se ragaillardit.

L’intégration de l’économie souterraine au PIB est une obligation européenne. Mais de nombreux pays résistent encore, dont la France.

La France a l’obligation de transposer ce règlement. Si elle se refuse encore à le faire, elle s’expose à une condamnation par la Cour de justice de l’Union européenne, donc à une forte amende, et à une injonction de transposer le texte.

Aucun commentaire