« Définir en quelques lignes la poésie de la Grèce antique est une tâche si insoutenable qu’il n’est pas possible de même y songer. Mais le monde est ainsi fait, mais la culture est si oubliée, mais les écoles ont si vite remplacé la saveur des chants anciens par le plus morose des mâchonnements de textes, qu’il faut bien prévenir, tout simplement, les oublieux, qu’ils se trouvent devant le trésor où ont puisé, aux cours des siècles, aussi bien les latins que les Français, les Anglais que les Allemands ou les Italiens. Chacun suivant sa chance et suivant son goût, ils sont allés tirer de ces éternelles carrières les marbres mutilés mais rayonnants qui brillent dans leurs musées, les uns demandant aux Grecs l’ordre, d’autres la passion, d’autres le soleil et d’autres la nuit des initiations Eleusiniennes, et Racine comme Chénier, Nietzsche comme Hölderlin, Shakespeare comme Pétrarque et comme d’Annunzio, ou l’ombre encore si proche de Jean Giraudoux, sont là pour nous dire que la Grèce n’a jamais cessé d’être vivante. »

Robert Brasillach fut un journaliste et intellectuel français surtout connu pour sa collaboration avec l’occupant Allemand au cours de la seconde guerre mondiale. Condamné à mort pour ses écrits politiques, il fut néamoins l’auteur d’importants ouvrages tels que Anthologie de la Poésie Grecque, compilation remarquable de par son érudition et la qualité de ses traductions. Une introduction de choix pour tous ceux désireux de s’instruire sur l’antiquité grecque.

 

Résumé de “Anthologie De La Poésie Grecque”

La poésie grecque est le trésor où tous les peuples d’Occident ont puisé au cours des siècles. La féerie de ses chants alternés forme une cantate à la vie, aux démons nobles ou malicieux qui en sont les spectateurs et parfois les figurants. Les poètes grecs ont tout accepté de la vie, leurs vers ont été le filet dont les mailles ont retenu tous les trésors de la mer; nous pouvons encore y sentir palpiter la respiration de ce qu’a ramené leur pêche miraculeuse. De leurs ports dorés, de leurs petites villes battues des vents au flanc des collines pierreuses, ils ont lancé leur barque sur cette mer pour laquelle ils ne sont jamais avares d’épithètes, la mer violette, la mer sans vendanges, ou la mer vineuse, et tout ce qu’ils ont écrit semble garder encore la puissante odeur de la salure. La mort elle même fait partie de la vie, et le naufrage, et l’abordage, et la longue course, et la captivité, et l’amour bref ou long des filles que l’on rencontre dans le port. La Grèce n’a jamais cessé de proclamer lavérité unique d’Antigone : Nombreuses sont les merveilles. du monde, Mais la plus grande des merveilles reste l’homme.


Anthologie de la poésie grecque. Choix, notices et traductions par Robert Brasillach (
ISBN 2-253-01517-2)

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